Éric Chrétien, maréchal-ferrant

Entrevue de juin 2004 - Première partie
Pourquoi trimer? Pourquoi ferrer?
Qu'est-ce qu'un bon client?

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Cette chronique de maréchalerie est présentée sous forme de questions-réponses
à la suite d’une entrevue faite avec Éric Chrétien, maréchal-ferrant, par Myriam Tessier.

 

Selon Éric Chrétien « Cet article de maréchalerie n’apportera pas la réponse à tous les problèmes. Il ne rendra pas le cheval qui boite en cheval sain pas plus que les mauvais pieds en bons pieds. Il devrait simplement vous donner des outils pour analyser le ferrage ou trimage dont votre cheval a besoin.


Ajustement à chaud

Il y a quatre choses importantes pour garder son cheval longtemps et le faire performer au maximum : nutrition, état du sol où il est gardé, entraînement et soins des pieds. Si un cheval n’est pas bien dans ses pieds ou s’il boite, son propriétaire sera malheureux et le cheval ne pourra pas travailler ou s’entraîner. »

MT : Alors pourquoi l’importance de faire trimer les sabots ?

ÉC : À l’état sauvage, les chevaux parcourent de 15 à 20 km par jour et il y a donc usure. De plus, toujours dans la nature, un cheval avec de mauvais pieds est éliminé tôt ou tard par sélection naturelle car s’il n’a pas de bons pieds il est plus vulnérable et meurt généralement plus tôt que la moyenne. De nos jours, les chevaux sont gardés dans des box et ceux qui boitent sont soignés soit par un vétérinaire ou un maréchal-ferrant.

Il faut donc commencer à trimer les poulains très jeunes parce que les os des poulains ne sont pas formés et si le sabot pousse avec de mauvais aplombs, les os seront malformés. De là l’importance de les faire aux 6 à 8 semaines.

MT : Pourquoi ferrer ?

ÉC : Il faut ferrer pour les raisons suivantes :

  • Éviter l’usure excessive du sabot – entraînement intensif ou sur surface rugueuse

  • Pour corriger les aplombs afin de combler où il manque du sabot – bien balancer le pied

  • Pour donner de l’adhérence – divers crampons

  • Pour performer selon la discipline pratiquée – fers d’exposition, de reining, de route, etc.

MT : Qu’est-ce qui peut déformer les pieds ?

ÉC : Entre autres, ce qui peut déformer les pieds :

  • Des mauvais parages (trimages)

  • Un fer mal ajusté

  • Un ferrage gardé trop longtemps. Après huit semaines, le pied devient trop long et est débalancé. C’est beaucoup plus facile et rapide de déformer un pied que de le réparer !

  • La condition du terrain ou du box ou de l’entre-deux

Parlant de l’entre-deux, il peut avoir comme conséquences un manque d’exercice et un manque d’hydratation aux pieds avant, donc la corne a tendance à sécher et il peut y avoir une contraction du pied.

Pour ce qui est du balancement, le sujet est vaste et technique et il fera l’objet d’un prochain article.

MT : Y a-t-il des particularités observées chez les pieds des Canadiens ?

ÉC : Ce que j’ai observé des pieds des Canadiens, bon, la corne est plus dure probablement dû au fait de la sélection naturelle qui s’est faite au début de la colonie et proportionnellement ces chevaux ont de grands pieds pour leur petite taille. Ils sont très résistants aux boiteries.

MT : Alors pour finir cette première chronique sur une note rarement abordée, Éric, quand un propriétaire ou un éleveur est satisfait des services d’un maréchal-ferrant, que doit-il faire pour le garder ? Autrement dit, en excluant le paiement pour les services rendus, c’est quoi un bon client pour un maréchal-ferrant ?

ÉC : Selon moi, un bon client c’est :

  • Quelqu’un chez qui le matin tu as hâte d’aller travailler et d’où le soir tu rentres heureux.

  • Quelqu’un que tu respectes et qui te respecte.

  • Pour ce faire, je suis donc ponctuel et il m’attend avec des chevaux prêts.

  • J’ai des outils adéquats et il s’engage à me fournir un endroit propre et bien éclairé.

  • Il me présente des chevaux civilisés et j’agis de manière patiente et calme.

  • S’il y a problème, on en discute et on trouve une solution ensemble sinon on demande de l’information extérieure.

  • On fait un planning et on s’entend sur un calendrier de rencontres, des sortes de fers, de l’entraî­nement.

 Bref, on se fait confiance.

 

À la prochaine !

 

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