Éric Chrétien, maréchal-ferrant
Entrevue de septembre 2004 - 2e partie
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Cette chronique
de maréchalerie est présentée sous forme de questions-réponses |
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MT : Bonjour Éric. Après nous être arrêtés sur une bonne note en juin dernier, nous sommes arrivés maintenant au 2e article où tel que promis nous abordons une partie technique de la maréchalerie. Alors pour nous profanes, c’est quoi le balancement?
ÉC :
Tout d’abord, j’aimerais préciser que le but de cet article est
d’aider le propriétaire d’un cheval à évaluer si son cheval a de
bons aplombs. Pour avoir une image de ce que c’est que le balancement d’un pied, on peut imaginer une balance à plateau. Pour que la balance soit bien équilibrée, il faut que le poids soit réparti également de chaque côté. Alors pour le balancement d’un pied, il faut trouver le point centre et répartir également le sabot de chaque côté de ce point afin de conserver l’équilibre. Il y a trois positions pour trouver le point centre, c’est-à-dire par une vue de face et de derrière, une vue de profil et une vue plantaire ou de dessous. Vue de face et de derrière
On doit d’abord tirer une ligne de haut en bas au centre du membre et perpendiculaire au sol. Si au sabot il y a déviation d’un côté ou de l’autre par rapport au centre, il faut enlever l’excédent et compenser avec le fer pour la partie manquante. Vue de profil
Une chose importante à regarder, c’est que le paturon doit avoir le même angle que le sabot. À la jonction de la couronne et de la paroi (point X), on doit pouvoir tracer une ligne perpendiculaire au sol afin de déterminer si la distance entre la pointe du sabot et la fin des talons est égale à cette ligne perpendiculaire. Si la distance est inégale, on essaie de corriger par le parage (ou trimage) et s’il le faut, pour compléter on ajuste le fer soit en le laissant dépasser en avant ou en arrière selon le cas. |
Vue plantaire ou de dessous Le point centre du sabot (point E) est à 3/8 de pouce avant la fin de la fourchette. Par exemple, si on perforait le sabot en ligne droite verticale de ce point, on arriverait à la jonction de la couronne et de la paroi vue de face (point X). De ce point, on devrait retrouver la même distance à gauche et à droite (lignes BE et ED) de même que d’en avant et d’en arrière (lignes AE et EC). Si on prenait un compas, on devrait retrouver la même distance entre ces points.
S’il y a des différences, toujours par parage, on vise à obtenir le balancement. Quand on ne peut l’obtenir par parage seulement, il faut compenser par un fer. Pour certains cas, plusieurs parages sont nécessaires afin d’obtenir un balancement idéal. Dans certains cas de malformation, on ne peut jamais atteindre un balancement idéal mais on doit retenir qu’il ne faut jamais laisser le déséquilibre s’amplifier. Un maréchal-ferrant d’expérience, en faisant le tour d’un cheval peut en quelques secondes trouver les points centre de chaque membre et déterminer où il faut enlever de la corne et ajouter du fer. Tous ces parages visent à répartir également tout le poids de l’animal sur ses membres pour que toutes les structures, tendons, ligaments, coussinets plantaires, lamelles, etc., supportent également afin d’éviter une surcharge de la structure du pied qui pourrait occasionner des boiteries.
Ce travail de maréchalerie a pour but de rendre le cheval le plus confortable possible et de prévenir les boiteries à un âge plus avancé. Un jeune cheval peut supporter un mauvais ferrage sans boiter mais ce même cheval plus âgé peut développer des boiteries à cause des mauvais ferrages précédents.
MT : Merci Éric. Mais j’ai d’autres questions est-ce qu’on peut les aborder au prochain journal ? ÉC : Avec plaisir. |
Éric Chrétien, maréchal-ferrant |